Une brève histoire de tout

exposition personnelle, FRAC des Pays de la Loire, Carquefou, 2012.

 

« Il y a plusieurs manières d’aborder le travail de Christine Laquet. L’une des lectures possibles s’intéresserait aux artefacts et peut-être plus précisément encore aux instruments que convoque l’artiste et qui relèvent tous à leur manière d’une science, archaïque ou moderne. Une science dont les objectifs – la capture et la preuve – sont ici détournés pour donner à voir, à ressentir un moment précis, un seuil d’apparition. L’artiste nous invite à un récit de l’attente dont nous supposerons ici que la figure centrale a plus à voir avec l’éclaireur qu’avec le chasseur. Imaginer un récit et s’intéresser à la dimension spéculative de ce travail suppose un mouvement de circulation entre les artefacts, les œuvres devenant alors au-delà de leur présence propre les indices d’une histoire sous-jacente et l’exposition, tour à tour une fable ou une archéologie. L’une des tensions les plus intrigantes de cette œuvre est ainsi la relation aux objets qu’elle induit, tant ils sont à la fois ouvragés à dessein d’une séduction assumée et cependant disposés sur notre chemin comme les intercesseurs – les objets-éclaireurs- d’un monde invisible. De ce point de vue, ils énoncent conjointement à leur technè – et à la «fonctionnalisation» de l’objet moderne – un vocabulaire symbolique et archaïque qui rappelle l’intrication des pratiques de la chasse avec celles de la magie. Ce double énoncé, cette double «fonction» est sans nulle doute ce qui fait du travail de Christine Laquet un territoire troublant où se confrontent deux forces en lutte dans la modernité; deux approches concurrentes dans la recherche d’une saisie du Réel: le rite et la science. (…) »  Olivier Marboeuf, dans L’éclaireur et le loup. catologue d’exposition, ed. FRAC des Pays de la Loire, 2014.

 

 

       


       

 

       
Voir le voir (le loup) / (la biche) / (le cerf)
3 peintures acrylique et encre japonaise sur voile en polyester, 3 x 2 m chacune, 2012.

 

 


                                                        Une brève histoire de tout
                                                         2 clôtures en fer à béton et fer plat, 104 x 180 cm (x2), 2012.

 

                           
Trapèze
Sculpture suspendue en verre, co-production CIAV Meisenthal, Région Pays de la Loire, 140cm x 65 cm, 2008.

 

 


       
Fly fishing
Techniques mixtes (acier galvanisé, moteur rotatif électrique, caoutchouc, cable), 2010.

 

 

You should never forget the jungle                   
Une collaboration avec Robert Steijn. Vidéo 16/9 HD, 19 min, 2012. 

You should never forget the jungle est une performance filmée, née de la rencontre entre Christine Laquet et Robert Steijn (performeur et danseur). Leur collaboration -entamée en 2011 autour de rituels chamaniques- met ici en jeu le face à face joyeux, érotique, finalement tragique, entre un jeune cerf et un chasseur, incarnés par les corps des deux artistes, autour d’une limite matérialisée par un couteau.


   
Voir l’extrait de la performance You should never forget the jungle

 

 


Tir de nuit
Animation de photographies et video N&B, 5min21, 2012. 

Née d’une recherche construite autour du piège, de la traque, de la capture, Tir de nuit est une animation d’images capturées par des « pièges photographiques » postés dans le Parc Naturel du Vercors. En résultent des clichés d’animaux réalisés à partir de mécanismes automatisés, qui telles des caméras de surveillance en espace naturel, se déclenchent par leur passage à proximité. Lors de la capture d’images nocturnes, ces animaux délivrent une pose prise sur le vif et deviennent autant acteurs, que captifs.


Voir Tir de nuit

COUV_laquet_1-1Catalogue d’exposition, Une brève histoire de tout, Christine Laquet.
Texte : Olivier Marboeuf, ed. FRAC des Pays de la Loire, 2014.

> Texte d’Olivier Marboeuf  L’éclaireur et le loup   
                                                 De l’art du leure chez Christine Laquet

> Texte de Julien Zerbone  Le piège

 

 

 

 

 

 

 

 

Crédits photographiques: Marc Domage