Marabout

Vidéo double écran, 7min54, 2008. 
Dominique Hoarau (Animation 3D) / Amal Hadrami (Marabout blanc) / Micha Derrider (costume du Marabout blanc). Co-production CNC/DICREAM.



Marabout est un film avec deux protagonistes: un homme et un oiseau, tous deux Marabouts. Le montage est rythmé par un libre enchevêtrement de scènes sans fil dramatique, ni principe de causalité. Tournées à Casablanca, autour et à l’intérieur de la Grande Mosquée, les prises de vue réelles se confondent aux images de synthèse. L’animal est chimérique et l’individu inquiétant, et vis versa. L’un, surnommé Marabout blanc par les Touaregs, est un personnage ambiguë : le français Charles de Foucauld -militaire douteux, héros improbable. L’explorateur est considéré comme mystique chez les Touaregs et fut béatifié il y a peu par l’Eglise, un siècle après sa mort. Premier européen à mettre les pieds au Maroc, il traduisit leurs chants et poésies et lutta contre les pratiques esclavagistes. L’autre Marabout, de son nom scientifique leptoptilus, est un oiseau sacré du fait de sa ressemblance, lorsqu’il s’accroupit, à un musulman en prière. En Afrique, Le marabout soigne et guérit les malades, on lui attribue un pouvoir surnaturel. C’est un personnage jouissant d’une influence considérable sur les fidèles de la religion islamique. Entre croyances populaires et religieuses qui se jouent entre l’Orient et l’Occident, ces personnages métaphoriques enchaînent des actions qui semblent liées à une sorte d’état attenant à la transe, telles des bêtes égarées dans la peau d’êtres humains, alors que l’oiseau évolue dans le film en accédant à un état d’humanité, tandis que le Marabout Blanc erre dans des paysages pittoresques.