Cérémonie illusoire

Installation techniques mixtes (arbre mort, herbes calcinée, cage avec 2 Diamant de Gould, dessin au fusain au sol),
Gyeonggi Creation Center, Corée du Sud, 2011.

 

            

                   

 


Geste accompli # 1
Résine sur papier de riz, 145,5 x 81,5 cm, 2011.

 

Extraits du texte de Jean-Louis Poitevin Message et messagers dans 
I SEE THE SEA AND THE SEA SEES ME – Christine Laquet, 2011.

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Libres, voyageurs, capables surtout d’échapper à la pesanteur, les oiseaux vivent une vie qui, pour les hommes, se situe à la limite de l’entendement. C’est sans doute pourquoi, souvent, quand ils ne figurent pas l’âme humaine après la mort du corps, ils symbolisent le lien que ces hommes entretiennent avec l’au-delà. Que ce soit pour un accès au divin, au monde des esprits ou des morts, les oiseaux sont des messagers efficaces et fiables. C’est au terme du parcours qu’elle a accompli avec la chamane que Christine Laquet conçoit l’ensemble de cette oeuvre aux multiples facettes. Il y aura d’une part un ensemble de photographies relatives aux diverses expériences faites avec la chamane et GUNUNG, une vidéo, Geste accompli#1, une peinture en résine sur papier et Cérémonie illusoire, une installation composée d’herbes noires proliférant au sol et gagnant sur les murs et d’un arbre mort, sur lequel est suspendue une cage où deux oiseaux, bien vivants, des Diamants de Gould, échangent leurs chants. Paysage de désolation ? Monde d’après la fin du monde ? Cette installation nous projette plutôt dans une sorte d’univers impossible, ou du moins dans un fragment d’univers qui ne semble pas obéir à la raison. La vie la plus fragile, la plus libre se trouve être aussi la plus prisonnière et se tient en suspens au-dessus du vide, accrochée à un arbre mort au-dessus d’une terre calcinée.

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Geste accompli #1, est aussi la première d’une série à venir qui va porter sur des gestes « universels » à forte charge émotionnelle et symbolique. Elle porte en elle la question que posent les mains qui se tendent, geste d’imploration du prêtre ou de l’homme politique, mais aussi geste de chacun de nous face à l’adversité. Plus que le portrait, c’est donc le geste de l’homme qui compte dans cette peinture à la résine sur papier, un geste qui dans sa matérialité même exprime simplement la distance ou le vide qui sépare les deux mains. Car ce sont ses mains qui parlent ici. Elles se tendent, ouvertes, elles accueillent, elles appellent peut-être, elles n’offrent rien de concret, ne portent rien et pourtant elles disent que venir vers, c’est s’ouvrir à l’autre, c’est l’avoir déjà accepté, qu’il soit ami, animal, esprit ou dieu.